Message

Lectures bibliques:

Luc 10, 38-41 + Genèse 18, 1-10

 

Je pense que tout le monde a déjà vécu cela un jour…  Difficile quand on a un grand nombre d’invités, de s’occuper du bien-être de tous pendant toute la soirée, tout en participant pleinement à la discussion.

 

Je comprends tellement Marthe, son envie de bien faire mais aussi sa frustration de n’être pas pleinement avec ses invités, visiblement en train de partager des paroles fortes.

 

Et je comprends tellement Marie, subjuguée par les paroles de Jésus et ne souhaitant pour rien au monde n’en manquer un seul mot.

 

C’est un grand dilemme lorsqu’on est dans cette position. Qu’aurais-je fait? Qu’auriez-vous fait?

Marthe et Marie sont deux sœurs, des sœurs de sang, des sœurs de cœurs visiblement puisqu’elles s’invitent l’une chez l’autre et s’organisent ensemble pour recevoir leurs hôtes. Des sœurs de foi aussi ayant toutes les deux un fort élan envers Jésus dont elles sont devenues les amies.

Alors je n’ai pas envie de les opposer ses sœurs mais plutôt de regarder tout ce qui les lie. Parce que visiblement Marthe et Marie sont bien complémentaires. Ce jour-là, l’une s’active, l’autre écoute. Et peut-être qu’un autre jour cela aurait été le contraire…

 

Lorsqu’on a des invités, oui, il y a des moments où il faut être aux fourneaux et au service c’est essentiel. Mais si on passe toute la soirée à cela sans même prendre le temps de s’asseoir, qu’est-ce que cela veut dire de nos relations avec nos amis ou avec notre famille? Nos invités en seraient les premiers étonnés voir interpellés.

Lorsqu’on a des invités, oui, il y a des moments où l’on s’asseye avec eux dans la joie du partage et de l’écoute mais si on ne prend pas le temps de leur servir à boire et à manger, à nouveau qu’est-ce que cela veut dire de notre accueil et de notre relation avec eux? Et à nouveau nos invités en seraient les premiers étonnés et interpellés.

Il faut donc trouver le bon équilibre entre l’accueil concret et la disponibilité de cœur. Il faut parfois savoir bien s’organiser pour être à la fois accueillant et écoutant.

 

Dans la relation avec Dieu je le crois c’est exactement la même chose.

La relation avec Dieu implique des temps d’écoute, de méditation, de lectures de la parole et de silence. Des temps où l’on se met à l’écoute de Dieu et où dans notre cœur, on peut vraiment partager avec lui ce qui est essentiel pour nous. Des temps de face à face. Le récit de la rencontre d’Abraham avec les trois voyageurs nous le redit ce matin. Oui, il y a des temps où l’on doit se rendre disponible à l’écoute de Dieu. Des moments où l’on doit prendre le temps de l’accueillir pleinement.

Mais si on ne fait que cela qu’est-ce qu’on dit aux autres de la foi qui est la nôtre? Ne devient-elle pas tout à coup un peu égoïste?

 

Alors oui, je le crois, la relation avec Dieu implique aussi où l’on se remette inlassablement en route dans la confiance, comme Abraham.

Que l’on se mette au travail par des gestes et des projets de solidarité, par des temps de soutien et d’écoute envers ceux qui sont dans la souffrance ou dans le deuil. La foi implique aussi des temps d’activités paroissiales (Fêtes, ventes, après-cultes, repas, conférences, animations de groupes, etc…) des temps oui parfois d’organisations, d’agitations et voir de soucis.

Mais à nouveau si on se retrouve tout le temps de l’activisime, ne risque-t-on pas de s’épuiser et de passer à côté de la raison première de nos projets?

Ainsi il est évident que la foi, notre relation avec Dieu, demande, elle aussi, de trouver un bon équilibre. Elle implique de savoir bien s’organiser pour à la fois répondre concrètement à l’appel de Dieu à aller vers les autres, tout en gardant du temps afin de puiser à la source de nos convictions, l’énergie nécessaire pour cela.

 

Marthe et Marie sont les deux côtés de notre réalité d’humains avec notre besoin de prendre le temps de nous ressourcer mais aussi avec notre besoin d’être actifs, d’avoir des projets qui nous mettent en marche.

 

Jésus, je le crois, n’oppose nullement l’une et l’autre au contraire il valorise les deux. Il appelle Marthe deux fois par son nom, lui montrant ainsi, je le crois, combien elle compte pour lui. Et en même temps il affirme clairement que Marie a choisi la bonne part. Celle, en tous les cas, avec laquelle elle se sent bien à ce moment-là.

 

Là est pour moi la clé du message du Christ: le Christ nous invite à être bien dans les choix qu’on fait. A être en pleine harmonie avec nous même comme avec les autres, lorsqu’on est actif, comme lorsqu’on est retiré.

 

Alors au milieu de cette période de vacances, je souhaite que chacun de nous, nous puissions prendre du temps pour nous reposer pleinement, sans frustration ni culpabilité. Et je souhaite aussi que ceux qui continuent à travailler pendant cette période d’été puissent le faire sans envies et avec tout leur cœur.

 

 

La meilleure part, c’est celle qui nous porte dans notre vie et dans notre foi. A nous de la trouver et d’en vivre! Elle ne nous sera pas enlevée!

 

Amen