Lecture :Évangile selon Luc 12, 35 – 48

.Cantique : 46-04 Veille et prie et sois fervent 3 strophes p. 717

Prédication

Que la grâce de notre libérateur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit-Saint soit avec vous.

La grâce de Jésus nous est donnée,

La grâce de le connaître. La grâce d’écouter ses paroles.

 

Nous sommes donc du nombre de ceux et celles qui savent de quoi il retourne, nous connaissons Dieu et savons ce que nous sommes supposés faire en tant que serviteurs fidèles.

À savoir : être de bons gérants

Être de bonnes vigneronnes,

nous occuper de la vigne et des autres terres de notre créateur.

Nous occuper des forêts tropicales,

des enfants et adultes qui creusent la terre, souvent avec leurs doigts, pour y trouver des métaux précieux pour faire nos smart phones.

 

Oui, tout de suite au début de ma prédication

j’en suis arrivée à des choses qui peuvent nous faire mal,

nous irriter, nous rendre tristes et même nous faire honte.

 

Est-ce là le travail d’un pasteur, de rendre les gens mécontents d’eux-mêmes ?

 

Non ! Notre projet aujourd’hui est de demander à Dieu, qui nous aime et nous pardonne : « comment puis-je veiller ? Comment puis-je être là quand tu as besoin de moi ? »

 

La Bible est pleine de réponses.

Par-ci, par-là Jésus dit à ses amis comment accepter cette responsabilité d’être enfants de Dieu.

Avec la parabole des talents, il s’agissait de ne pas en avoir peur des dons de Dieu,

de ne pas les enterrer de peur de les perdre, non, au contraire, de se dire : « tiens, j’ai là un trésor qui ne vient nullement de moi.

Je ne sais pas quoi en faire, mais Dieu me montrera, c’est elle qui me l’a donné, elle saura me montrer comment je peux devenir bien plus que je ne le pensais. »

 

Jésus disait aussi : « ce que vous ferez à ma plus petite sœur et à mon plus petit frère, c’est à moi que vous le ferez ». Ainsi, il apprenait à ses amis que toute bonne œuvre entrait dans le cadre du travail dans sa vigne.

 

Jésus dit aussi : « j’étais en prison, tu es venue me voir, me donner à manger, à boire ».

 

Nous connaissons ces paroles et bien d’autres, notamment sur l’amour,

comment Dieu nous donne d’aimer notre prochain et nous-mêmes.

 

L’important c’est d’aimer. Et avec cette clef, cette ouverture, avec l’amour nous deviendrons des serviteurs qui veillent et prient.

 

Nous voulons être éveillés quand il vient, quand Dieu a besoin de nous. Or, c’est tout le temps. C’est fatigant d’être sur ses gardes tout le temps.

Je crois que c’est Dieu qui en prend soin, c’est lui qui veille. Nous n’avons qu’à recevoir son amour et à nous l’approprier. Le reste viendra tout seul, si nous pratiquons la communion des enfants de Dieu.

 

Veillons à ne pas aller en arrière. Jamais nous n‘accepterons de retourner en esclavage en Egypte ou à danser autour du veau d’or dans le désert. En d’autres termes, nous veillerons à être libres, dans cette liberté dont parlait Jésus. Nous veillerons à ne rien devoir les uns aux autres, si ce n’est de nous aimer.

 

Comment voudrions-nous être aimés ? Nous apprenons les uns des autres comment s’y prendre. Nous apprenons de nos erreurs et de celles des autres, comment ne pas faire.

 

J’ai particulièrement apprécié mercredi matin, la prière de Taizé ici à l’église, J’étais venue par curiosité, histoire de découvrir peu à peu la vie de notre église. Et les femmes qui étaient là ont prié pour moi, ce qui m’a fait vraiment du bien. Et ensuite nous avons bavardé en buvant un café qu’une d’elles m’ont offert, car j’étais venue les mains vides, à part mon parapluie.

 

Venir les mains vides et recevoir des prières est une chose qu’il m’arrive souvent en église quand ce n’est pas moi qui célèbre le culte. Mes défenses sont basses, parce que je suis là, ma fois, assise dans les bancs, dans la maison de Dieu. Et soudain il peut m’arriver de pleurer ou au moins d’être émue, et ça me surprend, mais je crois que c’est parce que c’est le moment de la semaine où je ne pense à rien de particulier, donc la parole de Dieu a un meilleur accès à moi, ce qui veut dire aussi, que toutes mes émotions, peuvent aussi avoir accès, me surprendre, me faire du bien ou au contraire me faire mal.

 

Curieusement, je parle là d’un phénomène contraire au texte, apparemment. Il s’agirait de ne pas veiller, ne pas être sur ses gardes tout le temps. Devenir attentive au non-dit aux choses que je n’avais pas remarquées avant.

 

Je fais confiance à Dieu pour nous réveiller quand il le faut.

Je fais confiance à nous, ses enfants, de nous réveiller réciproquement, pour améliorer nos capacités de serviteurs.

 

Deux choses me sont venues à l’esprit à ce sujet : l’une qui viendrait d’Antoine de Saint Exupéry qui voulait découvrir et partager des choses qui risquent de passer à côté :

 

“Faites que le rêve dévore votre vie avant que votre vie ne dévore votre rêve ».

 

Ca m’interpelle. Le désir, le rêve. Je crois que Dieu ne parle pas seulement de notre devoir en tant que serviteurs, mais plutôt de notre réaction aux dons qu’il nous donne sans cesse. Arrivons-nous à les saisir des deux mains, à le remercier et en faire notre possession, à fructifier nos talents et nous dire tout contents : « super !  j’ai envie de partager, j’ai envie d’aider et j’ai envie d’aller dans la maison de mon père céleste où il y des gens qui prient pour moi. Donc je partage et je reçois ».

 

L’autre citation qui m’est venue est celle-ci :

 

«O Dieu, puissé-je être vivant quand je mourrai.»

 

Cette phrase est attribuée à Donald Winnicott, un psychanalyste reconnu, qui priait ainsi. Et je l’ai lue dans un des livres de la psychanalyste Marie Balmary, dont je vous recommande la lecture. Son exégèse de la parabole des talents, notamment, est excellente. Nous aurons le temps d’en reparler plus tard, si nous voulons.

 

En attendant, recevons et acceptons la vie en abondance des mains de notre sauveur Jésus Christ, qui veille à notre bien-être. Ainsi apprendrons-nous, en le pratiquant, d’être à son service. Dieu nous aidera. A lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen