Cantique 31/14, p. 322 Aube nouvelle, 1-3

 

Aube nouvelle fait allusion à un nouveau commencement, un nouvel espoir. Nous préparons nos cœurs et nos vies à une nouvelle naissance, celle d’un enfant qui va tout changer, parce qu’il est Dieu. Puisque nous avons vécu plusieurs temps de l’avent et plusieurs Noëls, nous savons que ce n’est jamais pareil. Le noël de mon enfance ne reviendra pas, je pense. A moins que je le voie des fois par les yeux de mes petits-enfants.

Mais ce qui revient toujours, c’est de préparer ensemble. Je remercie Dieu de m’avoir laissé d’abord entendre parler de la fête en AvEnt, puis ensuite voir les bâches et la pub, puis le groupe qui a décoré les bûches et les écorces, sachant que d’autres en faisaient autant pour nous les rapporter au temple pour le grand jour.

 

Quand je suis venue donner un coup de main au temple samedi, tout avait changé, de petites et grandes tables partout, la fête presque prête. Et j’ai vu à la place de mon noël d’enfant qui ne reviendra pas, une nouvelle expérience, un heureux exemple d’entre-aide, d’effort que les gens fournissent de bon cœur pour que nous vivions tous ensemble un culte béni.


Cantique 31/11, p.318 Ouvrez les portes du saint lieu les trois strophes

Lecture Luc 2, 8-14

Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. 10 L’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; 12 et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau–né emmailloté et couché dans une mangeoire. » 13 Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : 14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien–aimés. » 

 

 « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. »

 

L’ange peut bien parler. Il vient de faire extrêmement peur aux bergers. Ils étaient loin des villages, et le danger pour les troupeaux était partout, des bêtes et des crevasses, tout plein de choses auxquelles il fallait faire attention, nuit et jour. Ca ils le savaient. Ils avaient l’habitude. Mais la gloire resplendissante de Dieu, lumineuse comme le jour en pleine nuit. Ca ils ne pouvaient pas s’y attendre.

 

Et pourquoi d’abord leur parler à eux ? De simples bergers ? d’un sauveur qui est le messie ?

 

Et pour couronner le tout, l’ange qui vient de leur dire de ne pas avoir peur, se trouve accompagné d’une armée céleste qui chante en chœur :

14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien–aimés. » 

En principe ils ont dû avoir si peur qu’ils ne pourraient plus parler pendant longtemps à qui que ce soit. Mais ils l’ont fait, et pour ça nous sommes reconnaissants.

 

C’est quand même un drôle de Dieu qui choisit de dire à des personnes très bas placées que le sauveur du monde est né. Le même Dieu qui a choisi de confier à des femmes le mystère de la résurrection à Pâques. Des femmes qui valaient si peu, juste parce qu’elles étaient femmes, que leur témoignage n’était d’aucune valeur au tribunal.

 

J’essaie d’imaginer à qui Dieu parlerait aujourd’hui. Peut-être à des ouvriers du bâtiment, qui souvent se parlent tous en portugais, parce qu’ils viennent de plusieurs pays, ou en arabe. Ou à des veilleurs de nuit dans les grandes surfaces. Imaginez-vous si un matin des veilleurs de nuit de IKEA venaient nous dire qu’une chorale d’anges leur avait dit de ne pas avoir peur, parce que le sauveur de l’univers était proche.

14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien–aimés. » 

Est-ce que nous les croirions ?

Le message rappelle beaucoup celui qui est prononcé plus tard au baptême de Jésus, quand Dieu dit qu’il est son fils bien-aimé.

Paix pour les bien-aimés de Dieu, c’est ça la promesse.

 

En ce deuxième dimanche de l’avent je veux reprendre la joie du premier AvEnt ici à l’église. En nous envelopper de cette joie et de la lumière des bougies et du chant, pour oser parler de la peur.

 

N’aie pas peur, ne crains rien, ne te fais pas de soucis

 

Je peux entendre ces paroles. Je sais pertinemment qu’il vaut mieux ne pas être stressé. Mais comme les bergers, nous savons que le danger guette. Qu’il y a des loups, ou des maladies, ou le changement climatique, et des angoisses contre lesquelles nous ne pouvons rien. On prédisait que le plus grand fléau de notre siècle serait la dépression et d’autres maladies mentales. Il semblerait même que juste le fait de vivre dans une ville pas si grande que ça, est si compliqué que nous ne sommes pas faits pour.

Dieu pouvait atteindre les bergers dans leur vie si simple, est-ce que nous remarquerions une chorale d’anges ? Au milieu des jeux vidéo et des séries sur Netflix ?

 

Mais je vous dis, la peur, je connais. La démotivation. L’impression que là, je n’en peux plus. Là, c’est de trop.

Au fait, les gens de la Bible le connaissaient aussi. Certains psaumes de la Bible, ceux qui ne sont pas pleins de reconnaissance à Dieu pour ses bontés, sont souvent des formules pour se garantir une place au ciel, du style :

 

Dieu, mes ennemis m’entourent de partout

Moi, j’ai toujours suivi ta loi

J’ai toujours fait ce qu’il fallait

Ecrase mes ennemis

Laisse-moi gagner.

 

Voilà, c’est une version simplifiée, mais vous reconnaissez le message de plusieurs psaumes.

 

Or, ces formules ne sont pas nécessaires, parce qu’à tout le monde apparaît le même cadeau : Dieu aime chacune d’entre nous, chacun d’entre nous et nous dit : « ne crains rien parce que je suis là pour toi.

Je suis l’éternel ton Dieu, je t’envoie mon fils pour te le rappeler

Toi qui as peur, sache que je suis avec toi. Et comme les bergers veillent à chaque pas de leurs moutons, je veille sur toi.

Veillez les uns sur les autres. Nuit et jour. »

Pour les écoliers qui ne veulent plus aller à l’école, vérifie ce qui les tracasse. Les autres élèves ? Dyslexie? Ils ne dorment pas assez ? Pour chaque ouvrier et travailleur, femme ou homme, est-ce que les conditions de travail sont adéquates ? Pour chaque personne dans ta ville, est-ce qu’elle a à manger, est-ce qu’elle a accès aux soins médicaux ?

Fais en sorte que les gens n’aient pas besoin d’avoir peur.

 

« Et la prochaine fois que tu verras la gloire de Dieu en lumière et technicolor, stéréo et tous les gadgets, sache que je n’ai pas fini de parler. » dis Dieu, enfin, je pense qu’elle pourrait nous le dira ainsi de nos jours, pour nous atteindre.

 

Parce que je le dis souvent, faisons attention à ce que l’esprit saint est en train de nous faire découvrir. Moi, j’ai remarqué ces derniers jours, que même si mon noël d’enfant n’est plus là, mon noël de femme adulte, depuis pas si longtemps arrivée à Morges, est spectaculaire. Avec des gens de toutes sortes, des nerveux et des zens, des bavards et des silencieux, souvent nous changeons de rôles en un rien de temps et devenons pensifs alors que nous étions hâtifs et sans concentration.

 

Nous sommes les gens que Dieu aime et nous recevons la paix qu’elle donne à ses bien-aimé(e)s. Je remercie Dieu de son amour pour nous et nous invite à avancer sans crainte dans ce temps de l’avent. Amen.