Luc 15. 1-10

 

Tous les publicains et pécheurs suivaient Jésus. Ca irritait les haut placés au temple, ceux qui savaient comment la religion devait fonctionner. Il y avait des règles, des coutumes, une liturgie, un tarif pour les sacrifices. On ne marchait pas simplement comme ça dans la rue en discutant de Dieu le très Saint avec n’importe qui, surtout pas avec des femmes, des impurs, et des traîtres au service des Romains ou alors des enfants. Non.

 

Pas avec les exclus. Les scribes et pharisiens sentaient qu’ils avaient le monopole du savoir, eux seuls savaient de quoi il retournait. Pas la foule qui bien sûr n’avait pas le temps, comme eux, d’étudier la parole et passer des heures à la discuter, se disputer, se tendre mutuellement des pièges et démontrer qui était plus calé en théologie que l’autre.

 

A chaque fois que les évangiles nous présentent une situation où Jésus est coincé par une question de ses adversaires, son honneur est en jeu. Va-t-il arriver à se faufiler entre les divers pièges ? Va-t-il rendre les scribes fous de rage ? Ca a un peu l’air d’un spectacle où Jésus est le héros et les ministres du temple les méchants qui n’ont rien compris.

 

Ce qui n’est pas vrai. La plupart étaient de très bons ministres. Simplement ils avaient un peu oublié le piment de la foi ou les choses simples de l’amour. Et Jésus utilise souvent une façon extravagante pour illustrer son point de vue. En comptabilité ou gestion, laisser 99 brebis et se concentrer sur une seule n’a pas de sens. A moins qu’elle soit en or. Pour Jésus elle a plus de valeur que de l’or. Les 99 autres aussi. Elles ne sont juste pas perdues pour le moment.

 

Ce qui équivaudrait à dire que les pharisiens et scribes sont les bien aimés de Dieu, en lieu sûr dans la bergerie. Jésus passe tout simplement du temps à chercher la centième. Normalement ça devrait plaire aux autres, parce que le peuple entier appartient à Dieu.

 

Mais non, Ils n’apprécient nullement que Jésus s’abaisse à manger avec eux. Ca ne se fait pas. Ils sont impurs. Et à parler avec les femmes en public, c’est tout simplement interdit, et pardessus le marché leur parler de théologie, là il va trop loin, Jésus.

 

Je crois que nous avons tous compris ces paraboles de la brebis et de la drachme perdues. Mais arrivons-nous à comprendre les différents points de vue à l’origine ? Qu’est-ce qui est le plus important, une paroisse qui fonctionne ou les gens qu’il faut courir après ? Je pense à la possibilité de faire fonctionner ces cultes, avec les fidèles qui sauraient le faire. Vous êtes tous pasteurs, vous êtes baptisés et appelés à suivre Jésus le bon berger. Cette bergerie tient debout avec vous et nous les ministres pourrions aller chercher les perdus.

 

Mais je crois que j’ai mal compris. Le fait est que nous sommes tous perdus. Jésus est constamment en train de nous courir après, pas pour nous rappeler à l’ordre ou nous faire des reproches, nous disant que nous ne sommes pas tout à fait assez bien.

 

Non, il revient avec son éternel amour : « dis-moi, Yrsa, est-ce que tu sais que je t’aime ? Veux-tu vivre ta vie an abondance aujourd’hui, baignée de la grâce que j’ai envie de te donner. Parce que j’ai remarqué que tu t’es un peu perdu par la paperasse et ton agenda. Moi, j’avais envie de te montrer le soleil qui brille, les oiseaux qui chantent et les gens que j’aime… »

 

Nous l’avons chanté qu’avant que Dieu t’oublie, il faudrait carrément que tout dégringole. Tu es la brebis après laquelle il court. Il est en train d’essayer de m’attraper aussi. Des fois il réussit, des fois non.

 

Si nous ne savons jamais que nous avons besoin de son pardon et sa grâce, nous n’avons pas beaucoup de marge pour mûrir dans la foi. La libération de l’esclavage en Egypte est un projet continu dans le grand plan d’amour de Dieu. Chaque jour, de diverses façons il nous demande : « où est-ce que ça coince ? Comment te sens tu pris(e) au piège ? Où est-ce que tu as mal ? Je t’aime et je veux te libérer de ta honte, de tes rancunes, de ton impression de ne jamais être assez… quelque chose. De ton impression que les autres sont meilleur(e)s que toi, te ton impression que tu es meilleur(e) que les autres. Il y a de la place pour toi et les autres, je vous aime tous tant. »

 

Qui est perdu? Dans une version de l‘histoire nous sommes les gardiens du temple, nous respectons notre rôle de croyants que Jésus aime, nous suivons le bon berger et tout est en ordre. Simplement, lui il s’en est allé chercher la brebis que nous n’avions pas vue s’en aller. Qui est-elle ?

 

J’entends Jésus dire : « mes brebis bien-aimées, voici votre sœur qui ne s’est pas bien sentie dans votre groupe, parce qu’elle va dans une des écoles que vous organisez en tant que société et chaque jour elle a peur d’y aller parce que les grands enfants lui mènent la vie dure et les adultes ne remarquent rien. Voici un étudiant qui toute sa vie a pensé qu’il était bête mais il est tout simplement dyslexique. Je voudrais que vous cherchiez à chaque fois la personne qui en a besoin, pour voir comment tout le monde peut se sentir accueilli avec ses hauts et ses bas, avec leur intelligence et leurs lacunes. »