Lectures

Isaïe 45, 9 – 12.18 – 19, première épître aux Corinthiens 2, 1 – 5, évangile selon Matthieu 5, 17 – 20

 

Jésus est venu pour accomplir et pour compléter la notion de loi donnée de Dieu.

La question retentit : veux-tu devenir entière de nouveau ? Veux-tu que ta vie soit pleine ? As-tu envie d’un bonheur abondant ?

 

Dieu a posé les bases d’une vie complète, son offre est un tout.

Offre à prendre et pas à laisser, une offre à découvrir peu à peu,

à redécouvrir, à apprécier, à en profiter et à discuter en église et ailleurs.

 

Pour certains, des symboles les aident à mieux comprendre Dieu

En cette période de l’année nous avons déjà eu la couronne des rois et puis aujourd’hui la Chandeleur, qui proposent des gâteux ronds, dorés qui rappellent le soleil, la planète, la lumière et quelque chose de plein, la pleine lune, un rond entier, symbole d’harmonie et de plénitude dans le monde parfait de Dieu.

 

Si ce symbole peut nous aider dans notre foi, tant mieux, si non, passons à autre chose. Car c’est la bible qui nous guide, et la foi qui nous inspire. Chacune croit en Dieu à sa manière, chacun comprend la foi un peu différemment. C’est pourquoi nous pouvons fouiller dans la tradition de l’église, voir si on fête le 2 février comme la fête de la présentation de Jésus au temple, ou de sa maman qui devait se présenter pour montrer qu’elle n’était plus impure suite à l’accouchement. Ou bien ce sont les bougies qu’on bénit, au milieu de l’hiver, voyant se pointer le printemps un beau jour.

 

Les symboles et les traditions sont si nombreux qu’on a l’embarras du choix. Pour ma part je vais choisir le contexte que je devine dans les trois textes de ce jour, à savoir comment nous parlons à notre créateur, comment nous nous voyons en sa présence. Le vase d’argile qui rouspète contre le faiseur de vases. Je sais que Dieu supporte tous nos sautes d’humeur, là n’est pas le problème. C’est la compassion et l’amour de Dieu qui joue.

 

Dieu nous dit : vous êtes bien malheureux quand vous n’êtes jamais bien dans votre peau, quand vous n’êtes pas contents d’être vous et voudriez être autrement. Alors vous criez contre moi qui vous ai façonné ainsi.

 

Dieu veut nous rendre pleins, entiers, épanouis.

 

Quel symbole pour toi est le signe de l’amour entier de Dieu ? Jésus voulait rappeler cette notion aux gens. Il a parlé de talents, qui étaient ronds et ils avaient beaucoup de valeur. Jésus a dit : « heureux êtes-vous quand vous apportez la paix, quand vous êtes simples et confiants en Dieu, qui pourra vous façonner. « 

Il a aussi dit : « Veux-tu guérir ? Alors laisse-toi faire, prend dans ton cœur la loi de Dieu et laisse-la te transformer. Aie confiance. »

 

« Aime Dieu de toute ta force, aime-toi, toi-même et ton prochain pareil. Et souviens-toi : ton prochain, c’est tout le monde. »

 

Et l’apôtre Paul rappelle la puissance de l’Esprit, qui fait que nous n’avons pas à nous fier à la sagesse humaine, mais à l’œuvre de l’Esprit de Dieu en nous et dans le monde.

 

Je reviens à ma question : quel est le signe pour toi de cette confiance en Dieu au milieu de l’hiver, dans ta vie, dans notre paroisse.

 

Nous venons alors à l’évangile du jour : « 17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.»

Je pense que Jésus a eu recours à l’exagération, tout son entourage savait que personne ne peut être plus juste que les scribes et les phariséens, puisqu’eux seuls connaissaient bien la loi et les prophètes. Je suis certaine que Jésus ne voulait pas faire peur aux gens, en leur disant quasiment qu’ils avaient très peu de chance d’entrer au royaume des cieux.

Au contraire, il voulait rappeler comment la loi de Dieu est parfaite, éternelle et offerte à tous, pas seulement aux ministres du temple,

parce qu’au fait, Dieu donne la loi dans son royaume

et les vases d’argile, l’oeuvre de Dieu, nous, les humains,  nous avons dans notre esprit tout simple

la loi de Dieu qui nous surpasse.

Et même si nous nous heurtons à quelque chose et notre vase se brise ou notre âme si simple perd de sa confiance en Dieu, ce n’est pas un scribe ou un ministre qui nous séparera de la miséricorde de Dieu, c’est Jésus qui nous rappellera ceci: » c’est moi le sauveur, rien ne saura te séparer de mon amour.»

Donc j’aimerais en ce dimanche de la Chandeleur nous inviter à penser à un signe de cette parfaite proposition de Dieu envers nous. Si jamais un signe peut t’aider, ça peut être une prière, un chant, un verset.

L’important c’est de savoir: C’est Dieu qui nous donne la foi, Dieu nous façonne, nous sommes déjà dans le royaume de Dieu puisque nous sommes à plusieurs ensemble dans son nom.

Rien ne changera ses promesses. Notre rôle est de rester dans sa présence, d’aimer chaque personne sur terre, aimer Dieu et nous aimer nous-même. Pas avec notre énergie personnelle, mais avec la force que Dieu nous donne à chaque instant.

Et Dieu nous donne la force de discuter avec lui, de nous disputer même avec lui. Parce que pour devenir nous-même il faut tout une vie. Nous sommes entourés de gens qui nous veulent du bien, et d’autres gens qui ne nous remarquent même pas mais qui ont une incidence sur notre vie, notamment le pouvoir législatif, l’administration. Nos éducateurs nous ont formé et ils n’avaient pas tous ou toutes forcément la bonne attitude pour nous rendre très épanouis. Ils ont formé notre idée de nous, notre conscience.

Passons en revue toutes les fois où on nous a dit à tort ou à raison que nous avions tort, que nous avions fait défaut, fais pas ci fais pas ça, mais pourquoi tu es comme ci ? tu n’aurais pas pu éviter de faire ça ?

Jésus dit : « arrête un peu de pêcher du poisson, je vais faire de toi un pêcheur d’humains, grands et petits. Arrête un instant de faire comme tes parents, tu apprendras comment vraiment les apprécier. En devenant toi-même tu verras qu’eux aussi ont des faiblesses, des rancunes, des blessures, des choses qu’ils ne contrôlent pas. Tu n’arriveras peut-être pas vraiment à les comprendre, mais tu leur pardonneras et tu sauras que tu es un enfant de Dieu. »

Suivre Dieu veut dire sortir de la tradition qu’on ne questionnait pas, et devenir malléable.

 

Il n’est pas facile pour tout le monde de voir Dieu comme père ou mère, parce que nos parents des fois ont été un produit de leur culture, de leur génération et ils ont tout simplement eu tort.

Dieu est notre créateur. Le seul. Elle nous aime trop pour nous façonner de façon durable, elle nous laisse la liberté de mûrir à notre manière. Et j’aimerais tant que cette semaine qui commence par la fête de la résurrection de notre sauveur, comme chaque dimanche, soit pour nous un nouveau départ. Nous pourrons au long de chaque jour nous rappeler : Jésus m’aime. Le signe de bougie, lumière, crêpe, ou un autre symbole que je choisis, me rappelle son éternel amour pour moi. Alors je vais profiter de ce moment, je vais faire ce qui me nourrit, lire ce qui me fortifie, manger ce qui me fait guérir, écouter ce qui me fait plaisir et voir chaque pas que je fais comme un pas sur le sentier de ma vie éternelle avec Dieu.

C’est le quotidien sanctifié par Dieu. C’est ne rien savoir parmi nos proches que Jésus ressuscité. C’est voir chaque humain comme un vase d’argile en train de prendre forme dans les mains de l’artiste divin, l’éternel notre Dieu.

Nous allons mûrir, grandir, guérir avec la touche artistique de Dieu. Quelle chance ! Amen