Cantique 118 Célébrez Dieu, rendez-lui grâce
 
Deutéronome 7.8
Cantique 46-08 Toi qui gardes le silence
Évangile selon Matthieu 10, 24 – 33
 

Cantique 45-22 Toi qui aimes ceux qui s’aiment

Prédication

Je me réjouis de pouvoir chanter à nouveau avec vous. J’ai même tenu à utiliser nos livres de cantiques. Après le culte, je vous prie de les laisser sur votre siège et ce soir Stéphane les rangera et leur donnera un coup de propre. Je t’en remercie Stéphane.

Le chant donne des forces. Et il donne des vitamines à notre âme. Ce que nous savons chanter par cœur peut illuminer notre quotidien. Et plus tard, si nous perdons la mémoire, il y a de fortes chances que des cantiques restent quand même quelque part dans notre personne. Un verset, une prière, un chant pour célébrer Dieu et lui rendre grâce.

Tout au début du culte j’ai dit une prière que je connais par cœur en islandais. A chaque culte où j’allais, en suivant ma mère dans ses trois églises, le culte commençait bien sûr par le prélude à l’orgue. Ensuite le marguillier s’avançait, je me souviens surtout tu vieux Hafliði qui avait sûrement un nom de famille mais on l‘appelait toujours Hafliði í Búð, le nommant après la ferme qu’il habitait au lieu de ses parents. Et ce vieux monsieur tenait à la main un livre doré dont il n’avait pas besoin, parce qu’à force de lire la prière du sacristain il la connaissait par cœur. « Seigneur, je suis venu dans ta sainte maison pour te louer et te parler

et pour entendre ce que toi, mon créateur,

toi, Jésus, mon sauveur

et toi, le saint esprit, qui me console,

veux me dire dans ta parole.

Entend ma louange et ma prière

et ouvre avec ton saint esprit mon cœur,

grâce à Jésus Christ,

pour que je puisse recevoir ton pardon pour mes péchés.

Donne moi la foi en  Jésus dans la vie et dans la mort

et laisse-moi chaque jour faire des progrès dans la foi en pensées et en actes.

Entend cette prière, Dieu, au nom de Jésus Christ, amen. »

Et voilà, le culte était placé dans son cadre parfait : je viens chez-toi, Dieu, c’est toi qui me reçois.

Pas un cheveu de ma tête ne t’est inconnu. Un passereau qui ne vaut même pas deux sous, pour toi il est une vie digne d’attention, d’amour et de protection.

Nous venons dans la sainte présence de Dieu, car elle n’est contenue dans aucune maison, même dans ce beau temple, plein de souvenirs et d’histoire. La Présence de Dieu, qui s’appelle shekina en hébreu, est sainte. Elle est rappelée quand nous entendons le verset : « Ecoute Israel, Dieu est un, unique, un seul. Le seul valable de suivre. Et pourquoi ? Il le rappelle avant les commandements d’amour qu’il nous donne. Je t’ai sorti de l’esclavage en Egypte, choisis donc la vie, choisis-moi pour Dieu, pas les autres déités qui font envie.

Je veux ta liberté. »

Notre église a un service social dont nous aimerions parler plus souvent. Les Chouettes se sont rencontrées tous les mercredis après-midi au secrétariat, jusqu’au confinement. Depuis, on sonne des fois à ma porte le mercredi et je descends donner le numéro de ma collègue Anita Baumann, qui connait des solutions. Merci à vous tous qui avez donné des bons cumulus et de l’argent. Sachez que vos dons sont bien utilisés et font des heureux.

Pas seulement l’argent, mais aussi le regard bienveillant d’Anita et de Laurence Kummer, ce miroir de dignité qu’on peut lire dans leur regard. Anita sourit toujours, elle est bienveillante.

Jésus nous a donné un nouveau commandement, de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Par ceci on verra que nous sommes ses disciples, que nous nous aimons entre nous.

Alors, pour prendre exemple sur Anita et Laurence avec leurs moments chouettes, je nous invite tous à ouvrir notre regard, plein d’amour, pour remarquer les passereaux, les gens heureux, les gens opprimés. Tout ce monde que Dieu veut libérer pour la vie en dignité. Libérer de leurs chaines, quelles qu’elles soient.

Au premier degré il s’agit pleinement d’argent, d’écoute, de nourriture et de juste une petite chance pour les gens de pouvoir eux-mêmes gérer, trouver un travail, un toit.

Pour d’autres, nous pouvons être le groupe vers lequel les gens trouvent abri pendant qu’ils se remettent sur les rails auprès de thérapeutes, médecins et autres personnes extérieures à la paroisse.

Car j’ai remarqué récemment en parlant avec mes nouveaux collègues pendant notre retraite pour agrégés et consacrés, que certaines choses ne se disent pas facilement, si je comprends bien. Si on a besoin de psychothérapie, on n’en parle pas ouvertement. Je pense que c’est fortement lié au taux élevé de suicide. Le secret et la honte sont pesants.

C’est grave. Après la pandémie et le confinement le besoin de psychothérapie et de cure d’âme est énorme. Avec notre regard bienveillant nous pourrons proposer aux gens carrément de chercher de l’aide qui est proposée partout, de l’argent, du temps, de l’écoute, de l’aide professionnelle remboursée par la sécurité sociale et les assurances.

Mes nouveaux collègues avaient tout plein d’idées. Je fais allusion à la retraite chez les sœurs de Saint Loup jeudi et vendredi, avec les personnes fraîchement agrégées et consacrées. On a maintenu la retraite même si le culte ne se fera que l’année prochaine.

Un des ministres a des pistes de jeu de société et de moments spirituels qui attirent une centaine pour un WE alors qu’il s’attendait à une trentaine. D’enfants et je parents. Le rêve, les familles et un groupe de touzâges.

Un autre fait déjà ce que j’avais imaginé parce que nous ne pouvions pas communier : tresse, beurre et confiture, qui fait écho à la tresse trinitaire de Sibylle dimanche dernier. Autour d’une table, à distance respectueuse, on communie avec des prières et chants avec du pain et du jus de raisin. Impeccable.

Pour vivre l’amour de Dieu nous avons besoin les uns des autres. Et je nous donne des leçons et devoirs pour cet été. Ce devoir va nous être facile et plaisant : de vivre nous-mêmes l’amour de Dieu et le laisser nous libérer et lui demander tout ce dont nous avons besoin. Et de regarder tout le monde sans exception avec un regard bienveillant issu de l’amour de Dieu. Nous allons ainsi être un début de thérapie et de bénédiction. Si quelqu’un se sent alors libre de parler de ses problèmes, encourageons-les à continuer à en parler et cherchons avec la personne la meilleure personne pour cette conversation.

Dans la présence de Dieu tout notre être devient saint et la terre et tout ce que Dieu a fait obtient de l’importance renouvelée. Remettons-nous entièrement à sa présence et laissons la musique d’orgue nous inspirer. Dieu nous aime. Amen