Yrsa Thordardottir

 

Le prophète Amos – Introduction

(Je me suis basée sur la traduction d’André Chouraqui, qui a écrit des introductions fort intéressantes dans sa version de la bible.)

 

Amos était éleveur de bestiaux à Tequoa à 7km au sud de Jérusalem entre 790 et 739 avant Christ.

 

Il est le contemporain d’Ozias, roi de Juda et de Jéroboam II, roi d’Israël. C’est à ce dernier pays qu’il s’adresse tout particulièrement. Il dénonce aussi d’autres cités de commettre de tels crimes qu’elles seront jugées. Il annonce le châtiment pour certains et le salut pour d’autres au jour du Seigneur.

Il est le premier prophète à dire clairement que l’avenir d’Israël est conditionné,

plus que par les rites sacrificiels,

par les accomplissements de la justice, exigence fondamentale de la Tora.

 

Lecture Amos, chapitre 6 versets 1, 3-7, 13-14

 

Message

Nous lisons souvent dans la Bible la réaction des gens appelés à être prophétiques. Moïse par exemple a dit haut et fort à Dieu qu’il ne ferait jamais l’affaire. « Parle plutôt à mon frère, Dieu, lui il sait parler, il est pastoral, il est un leader, prends-le ». Moïse a probablement aussi proposé sa sœur Miriam, nous avons le chant de Miriam dans la bible, qu’elle a chanté avec des femmes accompagnées de tambourins, tel que nous le lisons au 15ème chapitre de l’exode.

 

Mais Dieu a insisté : « c’est à toi, Moïse, que je parle ».

 

Amos était un éleveur de bestiaux, dont Dieu a fait en même temps un bon berger, qu’Amos le veuille ou non. Ce n’était pas et ce n’est pas facile d’être la voix qui crie un message qui blesse. De dire aux gens : « Dieu te rappelle à l’ordre, tu t’es éloigné/e de sa loi, il faut que tu reviennes aux sources et que tu fasses ce que Dieu veut. »

 

Qui a jamais envie d’entendre ça ? Oui, d’accord, les autres font des bêtises, commettent des pêchés, mais moi, tu veux que je change complètement mon style de vie ?

 

Non. Le message des prophètes, qui s’adresse aussi à nous aujourd’hui est simplement d’accepter l’amour de Dieu. C’est l’éternelle proposition de l’histoire du salut : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai libéré/e de l’esclavage, de ce qui t’emprisonne, je veux être ton Dieu. N’accepte aucun autre Dieu ».

 

C’est simple, mais on oublie toujours, toujours.

 

Amos le dit : vous avez oublié qui est Dieu. La loi de l’Eternel, notre libérateur, est une série d’indications sur comment nous restons sur le chemin libérateur qu’il nous trace dans son grand amour.

Mais nous, nous choisissons de bouffer des repas lourds et chers, laissant pour compte les gens qui n’ont rien. Ceci n’est pas le chemin d’amour de Dieu.

 

« Donc je vous préviens », dit Amos, « quand viendra le malheur, vous serez les premiers à être déportés et à perdre votre liberté et vos richesses, d’autres deviendront vos maîtres et vous vous sentirez abandonnés de Dieu, si déjà vous n’aviez pas totalement oublié de penser à Dieu ».

 

Ce rappel pas très populaire du prophète Amos va mettre la base pour notre culte aujourd’hui, où nous continuerons, comme chaque dimanche, d’étudier la loi, les prophètes et l’histoire du salut de Dieu.

 

La nouvelle alliance – le pacte neuf

Introduction

(également basée sur les paroles d’André Chouraqui)

 

Comme nous le savons, le nouveau testament a été écrit en grec, et il y a aussi une vieille traduction en latin. Mais il faut essayer d’entendre à travers ce grec, l’hébreu et l’araméen qui habitaient les gens qui se sont exprimés en grec pour parler de Iéshoua bèn Iosseph que nous appelons Jésus de Nasareth. A la naissance de Iéshoua, l’empereur Auguste était maître de la Judée. Plus tard c’étaient des procurateurs romains qui étaient des administrateurs de la Judée, dont le plus connu est Ponce Pilate.

L’empire romain se proclamait volontiers libéral vis-à-vis des peuples soumis à sa loi, mais sa domination se faisait néanmoins durement sentir, et le poids écrasant des impôts, des taxes et des corvées menaient au désespoir un peuple qui risquait d’être détruit.

Les mouvements d’essence messianique se multiplièrent. Ils étaient animés par une folle espérance, mais toutes les tentatives furent écrasées dans le sang.

Au temps de Iéshoua, la révolte couve parmi les zélotes, qui ont des adhérents jusque dans le groupe des disciples les plus proches du maître.

 

Jésus a une voix qui lui est propre, unique, inoubliable pour toutes celles et ceux qui en entendent les âpres accents. Les évangiles nous décrivent ses enfances dans deux récits parallèles, mais pas forcément concordants, ceux de Luc et de Matthieu. Suivent les récits de l’immersion de Iéshoua par Jean Baptiste, et les attentes des gens qu’il soit le Messie. Ce qu’il ne prétend pas être. Il veut accomplir la volonté de son père céleste.

Plus tard, quand tout tourne au vinaigre, on veut se débarrasser de lui, trop de gens voient en Iéshoua un agitateur, un roi, alors que le seul roi de Judée est Tibère.

 

La résurrection de Jésus est l’essentiel du pacte nouveau, l’annonce d’amour, d’espoir et de vie face aux guerres, schismes et de controverses qui ont fait le déshonneur de l’humanité.

 

Je vais nous lire un passage qui décrit la vie d’un injuste, d’un homme riche, vêtu de lin et de pourpre qui aurait dû et qui aurait très bien pu partager une partie de ses biens avec l’homme qui n’avait rien. Nous entendons en quelque sorte de nouveau le cri du prophète Amos.

 

Message

 

Nous avons reconnu un thème récurrent de la Bible : attention, ne deviens pas prisonnier/ère de l’or, du pouvoir, des richesses.

La fin de l’histoire nous montre son but : même si les gens que tu connais, auxquels tu fais confiance, revenaient du monde des morts, pour te crier tout fort comment il faut vivre maintenant, tu ne les écouterais pas. Parce que tu as déjà toute la bible, l’église, les journaux, les grands artistes qui ont écrit en poèmes, musique, qui ont fait des peintures inoubliables pour décrire le bien et le mal, la justice et le grand malheur. Et pourtant, tu n’as rien voulu savoir, ton esprit était ailleurs.

 

J’en déduis que la parabole de l’homme riche et de Lazare ne nous apprend pas à fuir l’argent. Elle nous illustre encore une fois, l’histoire du salut de Dieu. Je nous en rappelle l’essentiel : « Je suis l’Eternel ton Dieu, qui t’ai libéré de l’esclavage en Egypte. Choisis-moi pour Dieu. N’aie pas d’autres dieu que moi.

 

Ceci ne nous empêche nullement d’être de bons citoyens et suivre la loi de l’état de Vaud. Parce que la loi de Dieu est autre. Elle est une illustration de la vie dans l’amour incroyable et abondant et éternel et grandiose de Dieu. Une idée par exemple de l’antique histoire du peuple de Dieu, était que chaque septième année on rendait la liberté aux esclaves. C’était l’année du jubilé. Pourquoi ? Parce que « notre père était un araméen errant », nos ancêtres, Sara et Abraham, sont partis de leur terre et sont venus jusqu’ici par l’amour de Dieu qui leur a trouvé un meilleur foyer.

 

C’est ce que fait Dieu.

 

Du coup, la vie en Dieu, est de penser sans cesse à celles et ceux qui sont perdus, qui errent, qui n’ont pas trouvé leur chez-eux. Alors si moi je suis l’homme riche de l’histoire, génial, j’ai probablement une grande vigne qui donne un emploi à plusieurs personnes, qui nourrit de multiples familles. Je peux certes me payer des repas et du vin bien meilleurs que mes employés, mais eux aussi, ils vivent leur vie en dignité.

 

Or, dans notre parabole du jour, Lazare est littéralement « celui qui est jeté en bas », que je trouve à mes pieds et que je ne remarque même pas parce que je suis bien au chaud à l’étage à la cure, et ne sais rien de ce qui se passe en bas. Rien à cirer.

 

Au fait c’est comme ça ma vie. Si quelqu’un vient me demander à manger, et que déjà je le vois, si par exemple je suis en bas au secrétariat, je ne leur donne rien qu’un feuillet leur disant de repasser le mercredi après-midi au moment Chouette.  Parce que nous avons un tel service d’amour, du service social de la paroisse. La ville a des solutions, l’état en a aussi. C’est l’œuvre d’une société fortement imprégnée de la foi chrétienne.

 

N’empêche que l’histoire d’Amos et de l’homme riche et de Lazare veulent nous en dire plus. Elles veulent nous rappeler la libération de Dieu et son éternelle offre à vivre dans cet amour. A nous maintenant de trouver des combines pour chercher ce qui est perdu et le libérer. Comment puis-je dans ma vie de tous les jours, faire avancer la dignité de mon prochain ? Le clochard dans la rue, les filles de joie dans la maison à côté ? Les laissés pour compte ? Un premier pas est de ne pas en parler au pluriel tout le temps, ce qui les rend plus abstraits. Chaque personne, homme, enfant, femme ou bien personne trans, pas sûre de son sexe, ça ouvre mon horizon. Même si moi j’ai tout ce qu’il faut, ce n’est pas la preuve que j’ai réussi ma vie. Non, c’est la preuve que je suis en mesure de devenir un mini-prophète, à mon échelle et de chercher avec vous, et ensemble nous tous, avec Dieu ce que nous pouvons penser, dire et faire pour faire avancer son royaume. C’est un feuilleton, c’est une histoire qui n’est pas du tout terminée. Réfléchissons-y en continuant notre culte et échangeons nos idées de ce que nous comme paroisse, voulons encore faire pour inclure ceux et celles qui sont jeté/es à nos pieds.