Lecture Matthieu 21, 1-11

 

Message 1e partie

Si je ferme les yeux et que j’imagine la scène des Rameaux, je vois une foule qui se réunit et qui acclame un homme, Jésus, lors de son entrée dans la ville de Jérusalem assis sur un ânon.

Mouvement de la foule, vague humaine qui se rassemble et improvise une haie d’honneur. Mouvement spontané, pacifique, bon enfant, des générations qui se mélangent, des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes, des moins jeunes. Des gens de provenance diverses…

Une foule disparate qui se réunit … Cela nous fait bizarre. Ils étaient certainement plus que 50.

En plus, pas de violence, ni de troubles, ne de scène de pillage… Est-ce un miracle ?

 

Pourtant, sans trop chercher loin dans nos souvenirs, je suis sûr que les uns et les autres, nous avons expérimenté des moments forts et heureux dans la foule, sans crainte, juste le plaisir d’être ensemble.

 

Il faut bien reconnaître que cette fichue pandémie a posé en nous des larves de crainte de l’autre, des réflexes de mise à distance. Comme si la foule, c’était mauvais et menaçant, par essence ! Et la peur des autres peut soudain exploser de façon exponentielle et vite dégénérer en provocation ou en agressivité.

Bien sûr, il ne faut pas être naïf, avoir un œil sur ses affaires et prendre des précautions pour son intégrité, mais les autres ne sont pas forcément une menace envers ma personne.

 

Quand Jésus entre à Jérusalem, il est accueilli comme un roi. Ils étaient plus de 50. Et nous, par souci de ne pas dépasser la limite accordée pour les cultes, nous avons dédoublé ce matin. Et oui, il faut le reconnaître, nous avons peur du grand nombre.

Quel paradoxe !

Que l’Esprit de Dieu nous vienne en aide ! Les mesures sanitaires cherchent à freiner la transmission du virus. Mais nos frères et sœurs en humanité ne sont pas eux-même un danger.

 

Quand Jésus entre à Jérusalem, il est accueilli comme un roi. Ils étaient plus de 50.

C’est bien pour cette raison, que nous vivons un culte sans la présence des catéchumènes qui préparent la confirmation de l’alliance du baptême ou leur baptême. Impossible de se réunir nombreux au culte, ni en famille (que 10 personnes autorisées aujourd’hui !)

Nous espérons pouvoir nous réunir plus nombreux le 27 juin. Dimanche réservé pour les confirmations.

 

Et nous portons dans la prière les jeunes et leurs familles :

  • Parcours de vie chahuté par pandémie, manque de contacts alors que c’est un âge essentiel pour développer les codes de la vie sociale, dans ce temps charnière entre enfance et âge adulte.
  • Souci pour avenir, difficulté de trouver place de stages, de se motiver pour apprendre, crainte d’être jugé comme génération COVID qui aurait reçu diplôme dans paquet surprise.
  • Que ton Esprit les inspire pour qu’ils développent des chemins de paix, de confiance et de lumière pour l’avenir. Accompagne-les. Amen

 

Musique orgue

 

Lecture

Matthieu 21, 1-7

Orgue

Matthieu 21, 8-9

Orgue

Matthieu 21, 10-11

Orgue

 

 

Message 2e partie

 

J’ai glané quelques infos dans les médias de Jérusalem à propos des Rameaux. N’oublions pas que c’est un temps d’effervescence annuel dans la ville sainte avec tous les pèlerins qui viennent pour se préparer à la Pâque. Les effectifs des troupes romaines sont renforcés pour soutenir les forces de police, surveiller la ville et éviter tous débordements.

 

Une news sur les réseaux sociaux m’a frappé : « Tout se passe bien, mais on a eu chaud ! »

Un témoin, habitant un hameau dans la campagne autour de Jérusalem, raconte : « j’ai entendu un homme, appelé Jésus, envoyer avec autorité des disciples « emprunter un ânon ». Quel toupet… Et ce sont ces pauvres disciples qui doivent expliquer au propriétaire… Juste un emprunt, selon ce qui est écrit dans le prophète Zacharie 9,9. Le propriétaire avait intérêt à connaître sa Bible…

J’ai suivi de loin et j’avais peur, tout aurait pu dégénérer en invectives, injures et violence… Ouf tout s’est bien passé »

 

J’ai aussi eu vent d’un rapport de police qui a fuité : « foule en liesse, bruyant, plutôt joyeux, les gens se déshabillent mais pas trop. La police est sur les dents à l’entrée de la ville. Certains arrachent quelques branches, mais heureusement pas de saccages. »

 

Ce rapport a été résumé et traduit à l’autre bout du monde par la gendarmerie vaudoise :« c’est le cheni, mais ça pourrait être pire ».

 

Cette nouvelle m’a fait réfléchir et j’ai mené une petite enquête : les Rameaux, c’est une date de référence chez les protestants vaudois comme rite de passage pour les jeunes pousses qui accèdent à leur majorité religieuse.

Les rameaux, les branches, il en est question dans 3 évangiles. Luc n’en parle pas. Chez Jean la foule sort à la rencontre de Jésus avec des rameaux de palmiers. Marc et Matthieu, que nous avons entendu, indiquent que des gens coupent des branches pour improviser une allée pour accueillir Jésus, comme si c’était un roi. C’est surtout en complément d’un tapis fait de vêtements.

En effet, à part Jean, les 3 autres évangiles parlent d’abord de vêtements : les disciples mettent leurs manteaux sur l’ânon en guise de selle. Puis les gens étendent des vêtements sur le sol comme pour faire un tapis pour Jésus.

 

On peut comprendre que cela puisse faire désordre pour un observateur qui a la mission de contenir tout risque de débordements.

L’effet foule est difficile à anticiper… Jusqu’où les gens allaient-ils enlever leurs vêtements ?

Vous vous rappelez l’effet de l’appel à la conversion par Jonas ! Le peuple et même le roi se couvrent d’un sac et s’asseyent dans la cendre pour demander pardon à Dieu.

Mais là non, l’ambiance est restée festive pleine de joie et d’acclamations. C’est alors que certains ont coupés des branches pour décorer le sol en complément des vêtements.

Le résultat par endroit ressemble à une taille sévère. Rien n’est arraché, tout repoussera… Il n’y aura pas trop de plaintes… C’est toujours compliqué ces questions de végétation : il y a ceux qui veulent de l’ombre, et d’autres qui veulent voir ce qui se passe dans la rue. Pas si simple notre rapport à la nature.

 

J’ai repéré une autre manchette : « Agitation près du temple autour d’un homme venu du Nord». Qui est-il ? Cette question parcourt la ville… Je peine à m’y retrouver dans toutes les réponses que j’ai glanées : un prophète, Jésus de Nazareth, un faiseur de miracles du Nord, un sage de Galilée, il apporte réconfort, il rend Dieu proche.

Une personne, m’a pris à l’écart dans une embrasure, pour que les ultras religieux n’entendent pas. Il m’a glissé à l’oreille : c’est le Messie, un descendant de David. C’est le Roi d’Israël. Et il est vite reparti se mêler à la foule.

J’ai alors regardé du coin de l’œil les ultras religieux. Ceux qui savent ce qui est pur ou impur, ou qui prétendent savoir. Un parti conservateur qui prétend être gardien de la foi pure et des vraies valeurs. Je les voyais comme paralysés, avec une colère rentrée contre la foule qui ne respectait pas les règles religieuses, une violence retenue, comme si leurs privilèges étaient menacés.

Et soudain, alors qu’il passait près de moi sur son ânon, je l’ai reconnu. Ce Jésus, sans savoir qui il était, je l’avais déjà rencontré et entendu enseigner la foule et cela m’avait bouleversé : ce Jésus parlait de Dieu d’une manière renouvelée, en allant droit à l’essentiel. Evidemment, il contestait les ultras et j’avais assisté à un sacré débat.

 

La tension était palpable, j’en avais le souffle court. Un drame était-il en train de se préparer ? Pendant combien de temps la foule allait-elle faire la fête à ce Jésus ? Tout peut basculer si vite.

Comment trier toutes les informations que j’avais obtenues ?

 

J’entendais la joie de la foule qui cheminait dans la ville.

Et j’étais assis sur un muret perplexe… Oui j’avais le souffle court… De toute manière l’atmosphère était irrespirable à Jérusalem, il faudrait presque mettre un masque ! : l’emprise romaine nous oppresse, les ultras négocient en cachette leurs privilèges avec l’occupant tout en le critiquant en public. Les gens en ont marre, il y a une soif de quelque chose d’autre …

 

Alors cette foule qui acclamait Jésus Roi, se trompait-elle ?

Selon les apparences, ce Jésus, n’était pas différent des autres qui se prétendaient messie.

Qu’est-ce qui m’attirait dans son message ? Etait-ce sa personne qui rayonnait d’une paix, d’un calme qui faisait tant de bien ?

Il me fallait voir au-delà des apparences, chercher encore des réponses. Me méfier de mes préjugés négatifs sur la Galilée. Nous avons comme des filtres qui agissent sur notre perception. Cela demande un effort de voir au-delà des apparences.

Les prophètes ont proclamé que la réalité ne se résume pas à ce qui est visible. Voir au-delà des apparences, m’ouvrir à l’invisible … Quand j’écoutais Jésus, j’avais senti comme une présence de Dieu toute proche…

Si je reconnais, à mon tour, Jésus comme Roi, aurais-je le courage de lui rendre témoignage ?

Je sens le trac monter en moi… puis mon souffle s’apaise. Je me sens en paix….

Je me lève pour rejoindre Jésus. Cela semble facile en cet instant. Il suffit de suivre les acclamations de la foule. Mais je sens bien au fond de moi que le chemin ne sera pas toujours facile.

Amen

 

Orgue

 

Confession de foi 5, 64-73, reccueil Alleluia, p. 1100

Texte datant de 1973, lumière dans contexte de souffrance en Afrique du Sud. En 1973, le synode général de l’Église constate qu’il n’y a pas de fondements bibliques au fait d’être une Église exclusivement noire et décide de se rapprocher d’avantages du reste des Chrétiens, sans exclusivité

Adaptation pour rendre le texte plus inclusif. Les mots soulignés représentent ce qui a été modifié ou ajouté

 

Nous croyons en Dieu, le Père qui a créé le monde entier,

qui réunira toutes choses,

et qui veut que tous les êtres humains vivent ensemble,

comme des frères et sœurs en une même famille.

 

Nous croyons en Dieu, le Fils qui s’est fait humain,

qui est mort et qui est ressuscité en gloire,

réconciliant le monde entier avec Dieu,

renversant tous les murs qui séparent les êtres humains,

toutes les barrières de religion, de classe, de race et de culture,

afin de créer une humanité unie.

 

Il est l’unique Seigneur qui a autorité sur tout.

Il appelle chaque humain et la société, l’Eglise et l’Etat,

à la réconciliation, à l’unité, à la justice et la liberté.

 

Nous croyons en Dieu, l’Esprit qui est la promesse du royaume de Dieu qui vient,

qui nous donne le pouvoir d’annoncer le jugement de Dieu

et son pardon pour les êtres humains et les nations,

d’aimer et de servir tous les humains,

de lutter pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création.

et d’appeler le monde entier à reconnaître,

ici et maintenant, le règne de Dieu.

Amen.

(Eglise presbytérienne d’Afrique du Sud, 1973)