Prédication 1 : Esaïe 62/6 à 12

Bien-aimés de Dieu,

Commençons par cette question : pourquoi Noël ?

Dans le cadre des préparatifs du Noël de village à Echichens, j’ai reçu une petite brochure portant ce titre : Pourquoi Noël ?

On y lit entre autres ceci :

« Un lecteur a rapporté cette anecdote au journal The Times : ’’Comme je ne trouvais aucun livre religieux dans la librairie, j’ai appelé une vendeuse. Elle m’a montré une pile très discrète de Bibles et de recueils de prières, en précisant : Nous avons dû les déplacer sur les étagères du bas à cause de Noël. »

Nicky Gumbel, un pasteur britannique, cite dans la brochure « Pourquoi Noël ? » cette petite histoire. Elle montre à quel point  sont préparées de manière souvent frénétique et vécues avec une tension incroyable les fêtes de fin d’année, et Noël en particulier.

Cette petite histoire montre à quel point est souvent, aujourd’hui, perdu de vue le sens fondamental de la fête.

Cette petite histoire montre à quel point nous avons besoin, aujourd’hui, de nous recentrer.

Pour nous y aider, je distingue deux attitudes, deux actions possibles, dans l’extrait du livre d’Esaïe.

Je cite : « Sur tes murailles, Jérusalem, j’ai placé des veilleurs. Ils ne devront jamais se taire, ni le jour, ni la nuit. ’’Vous qui rappelez au Seigneur le souvenir de Jérusalem, ne prenez aucun repos.’’ »

Pour l’auteur, Jérusalem reste ce lieu central de la présence aimante de Dieu au milieu de son peuple. Elle est le témoignage de cette fidélité, même si elle s’est trouvée assiégée, tour à tour par les Assyriens en 701 av. J.-C. et par les Babyloniens un siècle plus tard. En 587, Nabuchodonosor déporte une grande partie de la population, la ville est alors détruite et en grande partie abandonnée.

Le texte de ce matin est un extrait de cette partie du livre d’Esaïe qui encourage à l’espérance, dans une période de reconstruction au retour de l’exil.

Une période délicate, celle où l’on constate encore ce qui a été mis à bas, ce qui a été perdu, et la fragilité de ce que l’on essaie de remettre sur pied. Je ne peux alors pas m’empêcher ici de tirer un parallèle avec la situation spirituelle de notre pays et de ses habitants. Situation spirituelle où se mêlent prise de distance avec la foi chrétienne, recherche de sens et bricolage de croyances à partir de multiples options et contenus.

Retour de l’exil et reconstruction. Une période délicate, celle où l’on constate encore ce qui a été mis à bas, ce qui a été perdu, et la fragilité de ce que l’on essaie de remettre sur pied. Je ne peux alors pas m’empêcher ici de tirer un parallèle avec la situation de l’Eglise réformée vaudoise. Situation où se mêlent gouvernance et enjeux de société, nécessité de témoignage et réflexion sur la mission, organisation des ressources et soucis liés aux postes des ministres.

Pourquoi donc Noël ?

Pour veiller. Pour intercéder. Pour présenter à Dieu cette population et cette Eglise qui nous sont chers, toutes les deux, à de multiples égards. Voici la première vocation à laquelle nous chrétiens sommes appelés. Voici la première attitude, et la première action dans laquelle nous sommes engagés. Nous veillons sur notre peuple, et nous veillons sur notre Eglise.

Et voici la seconde vocation, la seconde action dont nous parle le livre d’Esaïe : « Ouvrez la voie à ceux qui reviennent, bouchez les trous de la chaussée, débarrassez-la des pierres. Et dressez un signal en direction des peuples. »

Autrement dit : soyez des facilitateurs, supprimez tout ce qui empêche de cheminer ensemble, manifestez un esprit de réconciliation, d’accueil et de bienveillance. Cela veut dire laisser une place au pardon entre vous, afin que le message du pardon atteigne ceux et celles que l’on attend, ceux et celles que l’on souhaite voir entrer. Témoignez et vivez dans votre entourage, et plus largement encore, de ce message de paix, de réconciliation et de joie partagée.

Amen.

 

Prédication 2 : Luc 2/1 à 20

Je rappelle la petite histoire de tout à l’heure.

« Un lecteur a rapporté cette anecdote au journal The Times : ’’Comme je ne trouvais aucun livre religieux dans la librairie, j’ai appelé une vendeuse. Elle m’a montré une pile très discrète de Bibles et de recueils de prières, en précisant : Nous avons dû les déplacer sur les étagères du bas à cause de Noël. »

Pourquoi Noël ?

J’ai reçu fin novembre une carte à l’occasion de la période de l’Avent, ces quatre semaines qui dans le calendrier de l’Eglise précèdent Noël. Sur cette carte ces quelques mots : « Que la joie profonde de l’attente, vienne habiter nos cœurs et nos âmes… »

L’attente. Après les deux premières mentionnées à la suite d’Esaïe, peut-être y a-t-il ici, inspirée de l’Evangile, la troisième attitude, la troisième action, attendue de nous chrétiens, en cette période de l’année. Ce message à proclamer quant au sens fondamental de Noël : tout n’est pas dans l’immédiat, dans le tout de suite, dans le maintenant, si caractéristiques de notre époque.

L’attente, c’est si précieux et si fort. D’ailleurs nous le savons bien lorsque comme couple, nous nous sentons prêts à mettre au monde et à accueillir un enfant. Du projet au désir, du désir à la conception, de la conception à la naissance, à chacune de ces étapes il y a des intervalles, il y a des temps plus ou moins longs durant lesquels il s’agit d’attendre.

Dans ces temps d’attente, plein de choses se passent sans que nous ne fassions rien, sans que nous n’ayons l’initiative, sans que nous ne gardions le contrôle. Et le petit enfant qui grandit déjà au creux du ventre de sa mère, a déjà son propre rythme, sa propre vie, différente de celle de ses parents, de son entourage.

Et lorsque l’enfant vient au monde il ou elle est déjà une personne à part entière, avec qui une relation s’établit, la tendresse, l’amour, le soin, le dialogue. Même si nous pensons qu’ils sont encore si fragiles et dépendants, pourtant nos bébés, ils sont sacrément solides et indépendants !

Pourquoi donc Noël ? Pour attendre, se mettre en position d’écoute, de disponibilité, d’accueil d’un « différent ». Se rendre réceptif à un message qui me vient d’ailleurs, d’un Autre. Un message que je n’ai pas moi-même écrit. Peut-être un tweet personnel de Dieu, en somme !

A nous de ne pas laisser ce message sur les étagères du bas ! A nous de lui aménager, au cœur de nos occupations de décembre, une place visible. A nous de revendiquer, d’imposer à notre agenda, au choix et selon notre conviction, ces moments de calme et de rencontre, de méditation et de prière, de lecture de ces textes fondateurs et de discussion.

Ma reconnaissance aujourd’hui, c’est de vous voir. C’est de constater que vous avez pris ce temps pour que nous nous retrouvions autour de la lumière, autour de cette Bonne Nouvelle de Noël.

                                                                          Amen.

DEO GRATIAS