culte de bénédiction des catéchumènes avec baptême et confirmations.

 

Temple de Morges – Paroisse de Morges-Echichens

Prédication à deux voix : pasteur Christophe Peter et diacre stagiaire Catherine Abrecht

Participation de jeunes accompagnants de camp et de KT (Jacks)

 

Début du culte avec chant : une flamme en moi

pasteur

Nous sommes là ce matin, car il est important de prendre soin de cette flamme, flamme de la foi.

Les catéchumènes vivent une étape de leur vie avec une question : comment recharger combustible pour entretenir cette flamme ? Les Jacks entretiennent cette flamme de la foi dans animation, accompagnement des catéchumènes. Et vous adultes, enfants, famille, marraine, parrain, cette flamme de la foi, comment brille-t-elle ?

Catéchumènes sont déjà aux Rameaux. Cela va vite… Déjà majorité religieuse. Et pourtant le chemin de foi n’est pas encore abouti. Toujours en chemin.

 

Chœur parlé par Jacks

                             Déjà un bout de chemin / pas encore au bout du chemin

 

Jack

  • En parlant de chemin, je pense à un texte dans la Bible (s’approche de grande bible et cherche…).
  • Ah, mais c’est où déjà ?

 

Lectrice (depuis la chaire)

  • penserais-tu à la première épître de Jean, au ch 3 ?

Jack:

  • mais oui, bien sûr

 

Lecture 1 Jn 3, 1-3

  1. Voyez : le Père nous aime tellement qu’il nous appelle ses enfants, et c’est vrai, nous sommes ses enfants ! Mais le monde ne nous connaît pas, parce qu’il n’a pas connu Dieu. 2. Amis très chers, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons plus tard, cela reste encore caché. Voici ce que nous savons : quand le Christ paraîtra, nous le verrons comme il est, alors nous lui ressemblerons. 3. Tous ceux qui espèrent cela du Christ se rendent purs comme lui est pur.

 

 

Chœur parlé par Jacks

                  Déjà enfants de Dieu / pas encore… dans la pleine lumière du Christ

 

diacre

On raconte que lorsque le pèlerin voyait apparaître la ville de Jérusalem, il était ébloui avant même d’en saisir réellement les contours. La ville était dominée par son Temple immense bâti avec des blocs de pierres de plusieurs tonnes, couvert de marbre, de bois précieux et surtout, sur sa partie supérieure de feuilles d’or.

Alors essayons d’imaginer l’arrivée des disciples dans la ville. La plupart d’entre eux étaient originaires de Galilée — la bucolique Galilée avec ses arbres, ses champs, ses graines, ses maisons et ses intendants dont nous parlent les évangiles —. Ils l’ont quittée pour suivre Jésus et quand enfin ils découvrent Jérusalem, on peut imaginer qu’ils croient toucher au but.

Jérusalem est si différente, si loin de chez eux. Bien sûr, ils savent que les habitants de Jérusalem souffrent des restrictions imposées par le pouvoir romain, mais ont-ils vraiment conscience de ce que cela peut signifier au quotidien.

Pour les eux, Jérusalem, c’est la capitale. C’est le lieu où les choses se passent. Aller à Jérusalem est dans l’ordre des choses.

Bien sûr, ils savent que c’est à Jérusalem que le Messie doit se dévoiler. Jésus le leur a annoncé à plusieurs reprises. Il leur a annoncé sa mort et sa résurrection. Mais l’ont-ils vraiment écouté ? Qu’ont-ils compris, cru comprendre, voulu comprendre ?

 

Ils sont surtout pressés d’entrer, de franchir les murailles qui entourent la ville.

Jésus est assis sur un petit âne. Les disciples ont posé sur l’animal quelques vêtements pour que ce soit moins inconfortable. Jésus entre dans la ville au rythme lent et régulier de l’âne qui avance sans se soucier le moins du monde de son précieux bagage.

A peine passés les murs de Jérusalem, les disciples sont happés par une foule en joie. Certains étendent leurs vêtements sur le sol. D’autres y déposent des rameaux. C’est un chemin de gloire qui est préparé pour Jésus.

A cet instant, il ne fait aucun doute qu’il est le fils de David, le Messie tant attendu : « Gloire à Dieu ! Que Dieu bénisse celui qui vient en son nom ! ».

Et pourtant, à quoi pense véritablement la foule en ce moment précis ? Que comprend-elle, croit-elle comprendre, ou veut-elle comprendre ?

Le vendredi suivant, cette même foule criera : « à mort ! ». Qui donc est cette foule qui change d’avis si facilement ?

 

Chœur parlé par Jacks

Déjà roi, bientôt trahi, faussement jugé, condamné, crucifié /

pas encore reconnu comme Christ

 

Après quel roi cette foule court-elle ? Un faiseur de miracle ? Le prochain César qui chevauchera bientôt un étalon magnifiquement harnaché à la tête d’une armée triomphante ? C’est si facile de passer d’une promesse à l’autre, de se laisser mener par les autres, de faire partie de la foule. Et c’est si rassurant ! On en oublie presque nos peurs, nos souffrances ou nos faiblesses. C’est confortable et ça n’a pas l’air de faire du mal aux autres.

 

Pourtant, dans les murs de Jérusalem, ce sont précisément la peur, la souffrance et la faiblesse qui vont envahir tout l’espace, tout d’abord il y a l’arrestation de Jésus, puis une parodie de procès, l’opinion de la foule qui se retourne contre lui, ses plus proches amis qui prennent la fuite et enfin sa condamnation.

Jésus est condamné à être cloué sur une croix entre deux voleurs. Ces choses là ne se pratiquent pas en ville. Il est crucifié sur la colline de Golgotha hors les murs de Jérusalem. Une fois mort, on l’a enterré non loin de là dans une tombe qui n’était pas la sienne et c’est là qu’au petit matin du troisième jour, les femmes ont trouvé le tombeau vide. Ils seront nombreux par la suite à voir le Christ. Il est vivant. Il est ressuscité. Enfin reconnu comme Christ.

 

Chœur parlé par Jacks

       Déjà sa royauté présente pour nous / pas encore son royaume pleinement accompli

 

pasteur

Nous sommes là en chemin avec le Christ. Et vous les ktm, vous vivez une étape sur ce chemin et vous recevez la bénédiction de Dieu.

Bénédiction des catéchumènes

 

                   Le Seigneur notre Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, vous bénit :

                   Que le Dieu vivant vous donne sa paix,

                   Qu’il vous accompagne et vous soutienne dans vos choix de vie,

                            le Père, avec tendresse et amour,

                            le Christ ressuscité, comme une lumière sur la route,

                            l’Esprit saint, comme un souffle qui fait vivre.

 

diacre

Au tout début du mois de mars, les catéchumènes se sont retrouvés le temps d’un week-end pour réfléchir à l’engagement qu’ils prennent aujourd’hui dans ce culte des Rameaux. La fin du catéchisme, c’est l’occasion pour eux de se retourner sur leur propre parcours, d’envisager le chemin qui a été le leur jusqu’ici et d’y inscrire quelques étapes importantes : les moments où ils se sont sentis comblés, ceux où ils étaient malheureux, les difficultés qui ont freinés ou parfois stoppés net leur élan, les forces reçues pour franchir des murs de hauteurs différentes, y compris ceux qui semblaient à priori infranchissables. Poser concrètement sur le papier ces étapes de vie comme ils l’ont fait, c’est une manière de les mettre en perspective et d’y déceler la présence bien réelle bienveillante de Dieu.

 

Pour accompagner leur démarche, nous avons regardé un film inspiré d’une histoire vraie « Les chemins de la liberté » de Peter Weir. Il raconte l’histoire d’un petit groupe de prisonniers qui s’évadent d’un camp de travail sibérien et qui vont parcourir ensemble plus de 10’000 km à travers la toundra glacée, les plaines de Mongolie, la fournaise du désert de Gobi, les sommets de l’Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine et arriver en Inde — alors sous contrôle anglais — qui est le but de leur longue marche.

Pour eux franchir les barbelés qui encerclent le goulag, c’est retrouver la liberté. En réalité, c’est un premier pas indispensable mais il ne les rend pas libres pour autant.

 

Chœur parlé par Jacks

                                                  Déjà libérés / pas encore libres

 

Tous n’y arriveront pas. Certains vont s’arrêter en chemin, d’autres vont mourir. Tout au long de leur périple, il y aura quantité d’épreuves, de rencontres, de risques à prendre, de secrets à avouer comme autant de carrefours sans retour, de murs qu’il faudra démonter briques après briques pour devenir véritablement libre.

Leur chemin de liberté va se construire jour après jour. Leur liberté se gagnera jour après jour.

 

 

chanson on écrit sur des murs des Kids United

On écrit sur les murs le nom de ceux qu’on aime Des messages pour les jours à venir On écrit sur les murs à l’encre de nos veines On dessine tout ce que l’on voudrait dire

Partout autour de nous Y’a des signes d’espoir dans les regards Donnons leurs écrits car dans la nuit tout s’efface Même leur trace

On écrit sur les murs le nom de ceux qu’on aime Des messages pour les jours à venir On écrit sur les murs à l’encre de nos veines On dessine tout ce que l’on voudrait dire On écrit sur les murs la force de nos rêves Nos espoirs en forme de graffiti On écrit sur les murs pour que l’amour se lève Un beau jour sur le monde endormi

Des mots seulement gravés pour ne pas oublier, pour tout changer Mélangeons demain dans un refrain nos visages Métissages

On écrit sur les murs le nom de ceux qu’on aime Des messages pour les jours à venir On écrit sur les murs à l’encre de nos veines On dessine tout ce que l’on voudrait dire On écrit sur les murs la force de nos rêves Nos espoirs en forme de graffiti On écrit sur les murs pour que l’amour se lève Un beau jour sur le monde endormi

 

Pasteur :    Quel est le mur le plus horrible pour vous?

Jacks :        La solitude, un mur aliénant, emprisonnant, infranchissable

Pasteur :     Quel est le mur le plus beau pour vous?

Jacks :        un mur coloré, sur lequel chacun peut venir exprimer sa vision des choses de façon artistique. Un mur comme un obstacle que l’on peut surpasser, mais pas comme une frontière. 

Pasteur :     Quel mur ne voudriez-vous pas avoir devant votre fenêtre ?

Jacks :        Un mur qui m’empêche de voir les autres, de leur parler.

Un mur oppressant, grisâtre, énorme, avec des pics ou des barbelés. Un mur qui m’empêcherait de vivre, d’avancer, d’évoluer. Un mur qui restreindrait ma liberté de pensée, d’action, d’ouverture d’esprit, de motivation.

 

Pasteur

Nous avons entendu cette parole : Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons plus tard, cela reste encore caché. Nous sommes, vous êtes, engagés sur le chemin d’humanité des enfants de Dieu. En chemin… Pas encore à destination.

Sur ce chemin d’humanité, vous allez vous trouver face à des murs. Comme des obstacles qui vous sont imposés ou que vous vous construisez vous-même. Obstacles vers la liberté.

Sur ce chemin d’humanité des enfants de Dieu, vous allez vous frayer un passage à travers des murs, tantôt ressentis comme un carcan, tantôt comme un cadre sécurisant. Des moments sombres, des moments lumineux. Des temps éprouvants, des temps rafraichissants.

Vous allez persévérer, surmonter des obstacles et passer au-delà de murs…Mais restez vigilants pour ne pas construire un nouveau mur juste après celui que vous avez dépassé.

Vous êtes, nous sommes, engagés sur ce chemin d’humanité vers la liberté : Déjà enfants de Dieu / pas encore… dans la pleine lumière du Christ.

Des jacks ont sélectionné deux passages de la chanson On écrit sur des murs comme incontournables :

  • Y’a des signes d’espoir dans les regards
  • On écrit sur les murs la force de nos rêves.

Cela évoque persévérance, confiance et espérance.

Confiance

Déjà enfants de Dieu, cela donne une assise. Génial, je suis accueilli, accepté tel que je suis, et tel que je serai demain. Cette confiance permet d’oser avancer, malgré les murs.

Persévérance

Foi aide à surmonter, à y croire encore, à contourner, à réessayer, à renouer, à refaire confiance…

Espérance

Nous avons entendu la vision de 1 Jean 3 comme le but vers lequel nous marchons : quand le Christ paraîtra, nous le verrons comme il est, alors nous lui ressemblerons. Tous ceux qui espèrent cela du Christ se rendent purs comme lui est pur.

Pur / impur ? Le Christ n’a pas enseigné la pureté du clan, mais celle du cœur, avec les lunettes de l’amour.

Enfants de Dieu appelés à être purs. Ce n’est pas la recherche d’un état d’innocence comme si nous n’étions pas confrontés aux contradictions de l’existence. Ne serait-ce pas plutôt la pureté comme fraîcheur d’oser, fraîcheur des recommencements ? Espérance, comme ne pas être désabusé à l’avance.

Oser dessiner sur les murs, ce serait donc résister aux messages de haine et de mort qui détruisent l’humanité, qui empêchent la liberté.

Ecrire avec le sang de nos veines, ce n’est pas un appel à se sacrifier, mais à injecter la vie.

Le sang de nos veines comme la sève humaine, pure et porteuse de vie. Cette sève est commune à toute l’humanité, au-delà de tous les murs.

Humanité est pleine d’arbres différents, mais la même sève fait circuler la vie.

Et avec vous les jeunes, la forêt humaine, dans sa diversité, s’enrichit.

Nous avons un but : ressembler au Christ, notre frère aîné en humanité.

Pour y arriver, il est nécessaire de chercher à mettre en pratique, chaque jour, notre identité d’enfants de Dieu. C’est un chemin vers la liberté. Le but n’est jamais acquis tant il faut veiller sur l’état du chemin. Un chemin à entretenir sans cesse : il y a les risques d’éboulements, les ronces. Notre humanité des enfants de Dieu est à entretenir chaque jour pour éviter que les murs fassent obstacles à la liberté.

Un chemin à entretenir sans cesse pour soi et pour les autres … Dans le film, cela est très présent pour un des personnages de ce petit groupe qui marche vers la liberté. Il s’appelle Janush. Il est reconnu comme coach du groupe. Pourtant, il ne se distingue pas des autres par ses qualités de « chef ». Il ne donne pas d’ordre. Il écoute. Il aide. Il soutient. Alors, pourquoi lui ? Parce que c’est lui dont le chemin vers la liberté est le plus sûrement tracé. Il ne veut pas être libre pour être libre. Il veut rejoindre sa femme. C’est le témoignage forcé de sa femme qui l’a expédié dans le goulag. Elle a été torturée jusqu’à avouer tout ce qu’on lui demandait. Janush veut la revoir et lui pardonner. Il sait qu’elle ne pourra jamais se pardonner à elle-même ce qu’elle a dit. Il veut le faire pour elle. Il veut retrouver la liberté pour que sa femme puisse retrouver la sienne. Son projet de liberté est solide parce qu’il veut rendre la liberté à autrui.

Amen

 

 

Ce document ne comprend pas l’ensemble de la liturgie, ni les chants, ni les textes des catéchumènes accompagnant leur démarche de baptême / confirmation