Message

 

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus prend la parole. L’évangéliste Marc ne mentionne pas les propos de Jésus, mais seulement la réaction des gens de son village venu à la célébration: Ils sont très étonnés.

« N’est-ce pas lui le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? »

 

Jésus, qui a grandi à Nazareth et dont la famille habite encore le village, manque visiblement d’exotisme ou de reconnaissance pour qu’on le prenne au sérieux. Le contraste entre l’ordinaire de sa condition et l’extraordinaire de ses paroles est trop difficile à accepter et à comprendre pour les gens de son village.

 

Oui, il y a des barrières personnelles qui empêchent les habitants de Nazareth de recevoir la parole de Dieu à travers la bouche d’un homme qu’ils croient connaître, trop bien.

 

Je le crois aujourd’hui encore ces barrières existent. Nos préjugés, nos expériences vécues, nos idées reçues, nos désaccords sont autant de barrière qui souvent nous empêchent d’entendre la voix de Dieu au travers de ceux que nous côtoyons quotidiennement, de nos plus proches.

 

Il en est de même des différents événements de notre vie. Trop souvent nous aimerions tellement découvrir la présence de Dieu dans l’extraordinaire que nous oublions qu’Il vient le plus souvent, nous rejoindre dans l’ordinaire de nos journées.

C’est peut-être de ce cœur ouvert à l’ordinaire que le Christ nous parle lorsqu’il nous invite à être comme des enfants, à rester comme des enfants. En effet, il suffit de côtoyer un enfant pour redécouvrir le monde à travers ses yeux et ses réactions d’étonnement, mais aussi d’émerveillement et de questionnements.

Oui, il est clair qu’avec les enfants, et nous avons la joie d’en avoir plusieurs parmi nous ce matin, nous avons la chance de tout à coup regarder le monde différemment. Ils nous font redécouvrir par exemple des éléments de la nature que nous avions perdus l’habitude de voir. Ils posent des questions que nous n’osons plus nous poser. Ils s’étonnent et vivent pleinement les émotions qui suivent leur étonnement: émerveillement, joie, mais aussi déception et tristesse.

 

Alors j’aimerais revenir sur cette petite ouverture que l’évangéliste Marc mentionne. Petite ouverture d’étonnement.

« Les nombreuses personnes qui l’entendirent furent très étonnées » nous dit en effet le texte biblique. Oui, ceux qui entendent Jésus sont d’abord frappés d’étonnement. L’étonnement, c’est la porte du cœur qui s’ouvre sur une découverte.

C’est un cadeau que nous recevons dès notre enfance mais que nous perdons malheureusement bien trop vite en devenant des adultes.

L’étonnement du cœur, c’est aussi, je le crois, ce qui rend proche les enfants de l’amour de Dieu. Pas de barrières institutionnelles, théologiques ou psychologiques. Les enfants accueillent et vivent l’amour de Dieu souvent très simplement et très profondément.

 

 

Les auditeurs de Jésus s’étonnent, nous dit Marc. Ils reconnaissent même la sagesse de Jésus et les miracles accomplis mais très vite des barrières viennent fermer leur cœur parce que ce n’est pas comme ça qu’ils imaginent que Dieu vient les rejoindre.

 

Est-ce que parfois il en est de même pour nous?

Est-ce que nous ne devrions pas dans notre relation avec Dieu avoir un cœur plus ouvert à l’étonnement et apprendre à regarder sa présence dans notre vie, comme un enfant regarde le monde avec étonnement mais aussi avec l’envie de comprendre, d’aller plus loin, de tester.

 

Dieu je le crois profondément est présent partout, dans la banalité de nos vies comme dans les événements les plus interpellants.

A nous d’avoir ce cœur grand ouvert afin d’éviter que nos réflexions et nos interrogations ne le ferment bien trop vite.

 

A la fin de cet épisode, c’est au tour de Jésus de s’étonner. De s’étonner de leur manque de foi. Constat difficile pour lui. Visiblement là encore Jésus ne peut rejoindre et guérir que ceux qui ont ce cœur ouvert, comme un enfant, et qui mettent pleinement leur confiance en lui.

 

« Laissez les enfants venir à moi! Ne les en empêchez pas, car le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme eux »

 

Amen