Culte et Vente Terre Nouvelle – Catherine Abrecht

 

Salutations personnelles : Romains 16

16 1 Je vous recommande notre soeur Phébé qui est au service de l’Église de Corinthey . 2 Recevez-la au nom du Seigneur, comme on doit le faire entre croyants, et apportez-lui votre aide en toute affaire où elle peut avoir besoin de vous. Elle a elle-même aidé beaucoup de gens et moi en particulier.

3 Saluez Priscille et Aquilas, mes compagnons de travail au service de Jésus-Christ z . 4 Ils ont risqué leur propre vie pour sauver la mienne. Je ne suis pas seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises du monde non juif le sont aussi. 5 Saluez également l’Église qui se réunit chez eux. Saluez mon cher Épaïnète, qui fut le premier à croire au Christ dans la province d’Asie. 6 Saluez Marie, qui a beaucoup travaillé pour vous. 7 Saluez Andronicus et Junias, qui me sont apparentés a et ont été en prison avec moi. Ils sont très estimés parmi les apôtres et ils sont même devenus chrétiens avant moi.

8 Saluez Ampliatus, qui m’est très cher dans le Seigneur. 9 Saluez Urbain, notre compagnon de travail au service du Christ, et mon cher Stachys. 10 Saluez Apelles, qui a donné des preuves de sa foi au Christ. Saluez les gens de la maison d’Aristobule. 11 Saluez Hérodion, mon parent. Saluez les gens de la maison de Narcisse qui croient au Seigneur. 12 Saluez Tryphène et Tryphose, qui travaillent pour le Seigneur, et ma chère Perside, qui a beaucoup travaillé pour lui. 13 Saluez Rufus b , ce remarquable serviteur du Seigneur, et sa mère, qui est aussi une mère pour moi. 14 Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux. 15 Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa soeur, Olympas, et tous les croyants qui sont avec eux.

16 Saluez-vous les uns les autres d’un baiser fraternel. Toutes les Églises du Christ vous adressent leurs salutations.

 

Prédication

 

Authentiques, proches de la réalité, parfois intimes, les lettres fascinent. Si d’aventure, l’échange de courrier se fait avec une personne célèbre, elles deviennent parfois des véritables chefs d’œuvre de la littérature.

Il existe les lettres d’Indochine ou d’Afrique, des lettres à mon père, à ma fille, à une amie vénitienne, des lettres choisies, des lettres d’un voyageur, des lettres inachevées… il existe des anthologies des plus belles lettres et nous… nous avons les lettres de Paul !

 

L’avantage, c’est qu’elles sont déjà répertoriées. L’ennui, c’est précisément l’ennui dans lequel peuvent parfois nous plonger certains passages… certaines listes de noms qui peuvent sembler interminables. Allez ! Avouez ! Qui a écouter attentivement la liste que nous venons d’entendre sans décrocher un moment, même un tout petit moment ?

Mais c’est pas le moment de se laisser abattre ! Soyons un peu persévérant ! Ces lettres sont intéressantes. Très concrètement, elles nous rappellent que, dès les débuts, les chrétiens se sont rendus visites. Ils ont tissés des liens d’amitié. Ils se sont recommandés les uns aux autres. Ils se sont surtout apportés de l’aide.

 

Maintenant prenons la peine de lire cette lettre tranquillement sans se laisser rebuter par les noms et prénoms compliqués qui la parcourent. Alors, on est frappé d’y sentir combien l’apôtre Paul est lié par une profonde affection aux croyants de Rome et cela, alors même qu’il ne les a jamais vus.

 

Et bien plus, prenons encore quelques secondes pour réfléchir au voyage qu’une lettre de Paul devait faire avant d’arriver à bon port. Le courrier des particuliers était transmis par qui ? Par des amis, des commerçants, des fonctionnaires à la rigueur, mais quoi qu’il en soit, on peut se douter qu’il était acheminé très lentement. Il semble qu’une telle lettre parcourait entre 30 et 60 km par jours. Peut-être passait-elle de mains en mains ce qui n’accélérait pas la cadence…

Si on y réfléchit sous cet angle, c’est un beau voyage que devait faire un tel courrier avant d’arriver à son destinataire ! Un chemin d’amitié et d’amour avant qu’elle puisse enfin être lue. Si on y pense de cette manière, alors tout de suite, les mots prennent une autre coloration.

 

Ainsi par exemple, tous ces mots d’encouragements qui pour leurs futurs lecteurs  pourront venir les envelopper d’une chaleur bien particulière les jours de fatigue ou de découragement. Ces mots pensés pour chacun — car c’est à chacun qu’un encouragement particulier est donné, à chaque frère et sœurs — ces mots leur rappellent que le Seigneur connaît chacun des siens et qu’il n’oublie pas ce qui est fait pour lui. En plus de cette longue liste de noms, on peut retenir également la longue liste de travail qui est effectué par chacun, travail qui produit du fruit et qui est rendu lumineux par la grâce de Dieu.

 

Outre une lettre de salutations, cette lettre est aussi une lettre de recommandation. Elle rend un hommage particulier est rendu à Phoebé, sœur fidèle et engagée. La lettre de recommandation est un genre largement pratiqué à cette époque. Il est vraisemblable qu’ici ce soit Phoebé elle-même qui ait apporté cette lettre à Rome. Elle est une femme qui jouit d’un statut social élevé, qui est riche, influente et, ce qui n’est pas négligeable, est également théologienne.  Cela n’est pas anodin car le porteur d’une lettre est censé l’expliquer. Ainsi Phoebé ne va pas se contenter de la remettre en mains propres. Elle va se faire l’interprète de Paul.

Paul ne s’est encore jamais rendu à Rome. Phoebé va en quelque sorte préparer le terrain. C’est intéressant de voir comment Paul va l’introduire dans le cercle romain. Il demande à ce qu’ils la reçoivent « dans les liens du Seigneur », ces liens qui unissent les Romains et Paul avant même qu’ils ne se rencontrent et qui justifie un accueil digne de la fraternité qui unit tous les chrétiens. C’est à ce titre que Paul demande qu’on apporte à Phoebe toute l’aide dont elle peut avoir besoin.

 

Outre le rôle de Phoebe, il nous faut nous demander pourquoi Paul a autant de personnes à saluer alors que lui-même n’est jamais encore allé à Rome ? Pourquoi il les nomme tous ? Si on les compte, on arrive à 28 personnes, dont 26 sont nommées. C’est la seule lettre de Paul qui comporte une liste d’une telle ampleur. Là encore, il vaut la peine de ne pas s’arrêter au premier bâillement. Cette liste a tout son sens. Plus elle est longue, mieux ce sera pour Paul. Il profite ici de son « carnet d’adresses ». En plus de ses voyages et des contacts qu’il a pu nouer dans ces circonstances, il appartient à une classe sociale modeste — des artisans, des marchands — mais pas pauvre. En les nommant tout, il se recommande lui-même aux chrétiens de Rome, lui qui n’y est pas encore formellement introduit. Il dit son désir d’entrer en communion avec eux.

Dans cette liste, il y a beaucoup de noms juifs, des noms grecs, plus rarement des noms latins. Parmi ces gens, il y a des notables, des personnes qui peuvent soutenir efficacement l’Eglise, ou accueillir des réunions de chrétiens. Il y a bon nombre de personnes qui sont déjà engagées dans différentes missions de l’Eglise. En les nommant avec un tel souci du détail, Paul espère démultiplier son envie de communion avec les Romains.

 

Durant son voyage, Rose-Marie a rencontré une liste de personnes tout à fait impressionnante :

Le Pasteur Deo Niyitegeka qui a participé à notre culte Skype

Le Pasteur Olivier Munyansanga qui a fait son doctorat à Geneve.

Pasteur Eraste aumônier de la Communauté ABA JA BA CHRISTO

Sa directrice Soeur Berthe Et toutes les Diaconesses

Peruth et Samuel Nteyzimana Rescapés du génocide vivant enSuisse allemande et fondateurs d’une Association qui s’appelle A Bato et qui s’occupe des enfants pauvres d’une paroisse de Kigali.

Damaris qui prend soin de moi et de tous les visiteurs

Agnes Gyr directrice et fondatrice de la Maison d’Editions BAKAME

 

Elle est partie rendre visite au CPAJ avec « une lettre de recommandation » de la part du Département Missionnaire. Elle a créé un contact avec eux. Elle leur a parlé de nous. Eux ont pensé à nous. Rose-Marie nous a parlé d’eux ce matin et nous penserons à eux. Des liens se sont tissés.

A notre tour de leur envoyer nos salutations !

Pendant ce culte quelques enfants préparent déjà des cartes, des petits signes d’amitié pour eux. Puis, pendant la vente et le repas qui va suivre le culte, nous, adultes, leur enverront également un courrier. Une carte passera et vous êtes tous invités à y inscrire quelques mots et juste la signer.

Cette carte leur parviendra et elle sera le signe très concret que les liens qui se sont tissés ces dernières semaines avec Rose-Marie se démultiplient.

Cette carte sera pour nous une manière de leur devenir proche, de leur signifier que l’œuvre du Seigneur prospère, que l’affection fraternelle est goûtée. Elle sera l’occasion de manifester notre communion, notre sollicitude et de leur dire l’affection, cette affection qui lient les croyants, ce que, au demeurant, l’apôtre Paul, avait déjà cœur de souligner dans sa lettre il y a bien longtemps.

 

Amen